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Nous sommes un petit groupe passionné par l’histoire du Quercy et particulièrement celle du pays de Gramat.
L’étude de l’histoire locale ouvre une fenêtre sur la généalogie et la paléographie sans laquelle on ne peut lire les actes anciens. Au cours de nos réunions nous abordons donc tous ces sujets.
Des communications paraîtront régulièrement.
Les réunions ont lieu chaque deuxième vendredi du mois dans nos locaux de Salgues à 14 heures 30.



Sommaire:

Une lignée de notaires : les ESCUDIE de REILHAGUET

Les moulins d'ALVIGNAC

Le suffrage censitaire dans le canton de Gramat

La vie de château



Une lignée de notaires : les ESCUDIE de REILHAGUET

Suite à la consultation que j’ai pu faire de certains actes des notaires ESCUDIE de REILHAGUET, que l’Association RACINES a photocopiés, et grâce à des recherches entreprises antérieurement dans ma famille, voici un condensé de ce qui en résulte et ceci en trois points : les notaires, les actes, la clientèle.

Les NOTAIRES :

On trouve les notaires ESCUDIE à REILHAGUET des environs de 1596 à 1856, soit pendant 260 ans.

Un édit de 1604 a assuré l’hérédité des offices de notaires contre une redevance de 1/60ème de leur valeur. Les postulants doivent être catholiques, doivent avoir 25 ans passés (sauf dérogation) et doivent être de bonne vie et mœurs. Ce sont souvent les futurs confrères qui se portent garants. La formation du futur notaire est assurée par un stage d’au moins cinq ans dans une étude (B.E.S.L : article de Philippe CALMON).

Thomas ESCUDIE, le 1er notaire retrouvé, a eu au moins deux fils, l’un, Pierre a pris sa succession, mais l’autre, Jean est devenu juge à ROCAMADOUR, il y fera souche et ses descendants seront chanoines ou s’allieront à la noblesse locale. Leur "saga" fort intéressante  mériterait une narration. Il est à signaler que ces "Amadouriens" avaient gardé des relations avec leurs cousins notaires, ils sont souvent témoins lors de signatures d’actes et ils possèdent encore au début du XIXème siècle beaucoup de biens à REILHAGUET.

Quelques actes de BEFFARA, notaire au VIGAN, précèdent ceux d’ESCUDIE. Ce dernier a peut-être pris sa succession et ce serait pourquoi des documents antérieurs à 1596 sont signés "BEFFARA" et se trouvent avec ceux d’ESCUDIE.

C’est d’après les signatures que l’on peut reconnaître les différents ESCUDIE notaires et c’est ainsi que j’ai pu reconstituer la chronologie, avec des dates qui ne peuvent être qu’approximatives.

Le 1er doit être THOMAS, on ne trouve sa trace que grâce à son fils Pierre qui en fait cas.
Le 2ème, Pierre est notaire royal de environ 1596 à environ 1636.
Le 3ème (prénom ignoré) officie de 1636 environ à 1679 environ. Il y a une période (1640 à 1650 environ) avec des actes signés LANGLE notaire royal de LAVAL.
Le 4ème Jean est notaire de 1679 environ à 1713. Il meurt en 1724 et c’est directement son petit-fils qui prend sa succession.
Le 5ème Jean professe de 1713 à 1764, son fils lui succède.
Le 6ème Jean est notaire de 1764 à 1801. Il est né en 1729 et meurt en 1807.
Le 7éme Joseph est son fils. Notaire de 1801 à 1856, il est le dernier de la lignée.

Nous possédons les photocopies des derniers répertoires et il est triste de constater la dégringolade du nombre des actes annuels qui passent de 47 en 1822 puis 2 en 1833 et 0 en 1842 ; bien que ces répertoires continuent à être enregistrés à GOURDON jusqu’en 1856 ils ne comportent aucun acte. Il est à noter qu’aux 17ème et 18ème siècles on compte plusieurs centaines d’actes annuels, par exemple, en 1769 le 209ème est daté de Juin.

Les ESCUDIE étaient enterrés dans l’Eglise de REILHAGUET, mais le sol ayant été cimenté les traces de leur sépulture ont disparu.

Les ACTES :

Les actes sont rédigés en français, cependant certains (très peu) sont écrits en latin, ils concernent les gens d’Eglise.
L’écriture de la fin du XVIème siècle par BEFFARA ou ESCUDIE et du début de XVIIème par ESCUDIE est différente de celle des actes suivants qui, eux, sont très proches de l’écriture contemporaine.
La structure de l’acte est à peu près la même pendant ces 260 années et lors de la royauté : d’abord la date, le lieu et l’heure « avant ou après midi » puis la formule « par la grâce de Dieu (le nom du roi) régnant roi de France (et de Navarre à partir de Henri IV), moi notaire royal soussigné ». Concernant cette appellation, il est intéressant de noter que Jean ESCUDIE de 1764 à 1801 fut notaire royal, puis notaire public (à ce moment-là, ses clients sont des citoyens). Mais Joseph, son fils eut le titre de notaire public puis notaire royal, encore notaire public, et enfin notaire impérial, il lui est arrivé de se tromper….
Pendant quelques années, il leur a fallu appliquer le calendrier républicain avec des dates nouvelles de septembre 1792 à décembre 1805, ce fut la période de l’an I à l’an XIV.

Les actes les plus usités concernent :

Les VENTES : où l’on trouve le nom du vendeur, si c’est une femme elle est représentée par son mari ou par son père, le nom de l’acheteur, leur profession et leur domicile. Le bien vendu est désigné puis situé et ceci par rapport aux confronts appartenant à un tel ou à un autre…., le prix est donné ainsi que la façon dont il sera payé.
Les QUITTANCES : elles concernent les ventes mais aussi et surtout les « dots », promesses faites lors d’un mariage par les parents ou proches, elles sont honorées peu à peu et durant des années. Il y a quittance aussi lorsque l’emprunteur rembourse le préteur à la suite d’une obligation.
Les OBLIGATIONS : C’est un prêt avec garantie sur les biens de l’emprunteur et qui fixe les modalités de remboursement.
Les ACCORDS : Ceux-ci évitent très souvent des procès et c’est le savoir-faire du notaire en tant que conciliateur qui permet un arrangement très souvent familial.
Les INVENTAIRES : Lors d’un accord, ou d’un désaccord, les inventaires sont très approfondis, le notaire ouvre les meubles, note ce qu’ils contiennent, même les choses de peu de valeur, très usées, bancales sont relevées, les animaux de la ferme, jusqu’au chien de berger sont inventoriés avec précision .
Le CONTRAT de MARIAGE : est très fourni, les futurs époux promettent que le mariage sera solennisé suivant les formalités « de l’église Catholique, apostolique et romaine », ensuite viennent les promesses de dons ou legs faits par les parents et aussi ce que les époux apportent de leur propre chef. Ce que la future reçoit de ses parents et ce qu’elle possède est donné au futur mari ou au futur beau-père, les femmes n’ayant aucune indépendance, cependant ces biens sont garantis par hypothèque. Souvent ces sommes ainsi perçues servent au beau-père pour doter une de ses filles ou pour acheter une terre. Parfois la fiancée apporte un coffre fermant à clé devant servir à son usage personnel. Je ne peux ici entrer dans les détails et les anecdotes trop nombreux mais qui pourraient faire l’objet d’une rubrique.
La DONATION : adaptée à chaque cas et suivant très certainement les conseils du notaire.
L’EMANCIPATION : plus particulièrement lorsqu’un mineur (la majorité est à 25 ans) se marie. Le cas ne se pose pas pour les femmes.
La PROCURATION : donné à un tiers pour être représenté, souvent à un mariage ou de la part de nobles propriétaires à un régisseur.
La DEMANDE RESPECTUEUSE : présentée au père ou à la mère ne voulant pas du mariage de leur enfant. Elle est réitérée 3 fois par le notaire en termes humbles et respectueux.
Le TESTAMENT : commence par « au nom de Dieu » ensuite le notaire donne la date, situe le lieu et le nom du testateur souvent "  malade de certaine maladie" mais « ayant le libre usage de tous ses sens ». Les dons à l’Eglise et l’exécution des obsèques sont alors abordés, ensuite viennent les légataires particuliers puis « par sa bouche nommé » le légataire universel. Il faudrait, là encore, une rubrique spéciale pour donner les détails parfois étonnants sur ces dernières volontés.
Les CONTRATS pour la CONSTRUCTION d’une bâtisse entre le propriétaire et le constructeur où sont stipulées les matériaux, les délais et le prix.
Les ACCORDS entre un MILITAIRE tiré au sort et CELUI qui veut bien le remplacer contre rétribution.

La CLIENTELE :

Toutes les couches sociales ont recours au notaire, j’ai même trouvé un contrat de mariage entre deux mendiants.
Les familles sont fidèles et pendant des décennies la même étude s’occupe de leurs affaires.
Dans chaque acte sont cités les noms accompagnés quelquefois du surnom, titres, profession et lieu d’habitation des protagonistes, la femme est représentée par son mari sous l’ancien régime.
Il y a toujours des témoins (plus ou moins nombreux) ; pour certains contrats de mariage concernant la noblesse les paraphes sont souvent en grand nombre, certainement parce que les témoins et amis honoraient de leur présence ce qui devenait une cérémonie mais aussi parce qu’ils savaient signer.
Les actes sont faits en majorité à REILHAGUET, les clients viennent des environs et lorsque le 1er ESCUDIE notaire a pris la suite de BEFFARA du VIGAN nombreuses sont les personnes du VIGAN qui s’y rendent. Suivant les époques et peut-être les études notariales existantes, les gens de ST PROJET, AUZAC, CARLUCET, COUZOU, CALES et assez peu de PAYRAC s’adressent à ESCUDIE de REILHAGUET.
Mais celui-ci se déplace, il fait en quelque sorte des tournées. Lorsqu’il vient à ROCAMADOUR, il s’arrête à CALES, on trouve dans la même journée des actes faits dans ces lieux. Il va dans les châteaux lorsque ses nobles clients ont besoin de lui, et aussi chez les malades qui veulent faire leur testament. Pendant les épidémies de peste du 17ème siècle le notaire se tenait à l’extérieur de la maison et le testateur  dictait de sa chambre, la fenêtre ouverte, comme la plupart « ne signait pour ne savoir » les distances étaient respectées.
Tous ces trajets, les fait-il à cheval, avec ses papiers, son encre, ses plumes, son écritoire, ou bien en carriole ? Il est souvent accompagné d’au moins un de ses fils, il lui sert de témoin, parfois, il rédige l’acte car il doit faire un stage en vue de la succession, d’autre part les routes étant peu sures, à plusieurs on risquait moins d’être attaqué.
Les actes concernant la famille proche du notaire ou bien lui-même sont rédigés chez un confrère.
A REILHAGUET, les ESCUDIE, depuis des siècles connaissaient les familles du pays et comme les curés (plusieurs ESCUDIE ont d’ailleurs été chargés de cette paroisse) ils leur servaient de conseillers…. temporels, bien sur.
La clientèle était très nombreuse surtout pendant les 17 et 18ème siècles, le 19ème siècle a vu la fin de cette longue lignée.

Et me voici à l’aube du 21ème siècle, évoquant ces ancêtres en espérant vous avoir intéressés.

Françoise ARCOUTEL née ESCUDIE.

PS : Ce texte sert d’introduction à notre ouvrage « Reflets de vie » qui est un recueil de 3014 actes notariés (résumés) de cette famille de notaire. Ces relevés, mariages, testaments, relevés divers, commencent en 1594 et s’arrêtent en 1897.
Le livre est en vente au siège de l’association Racines pour le prix de 18 € (+ 3,77 € de port) ou dans certaines librairies de la région.
La famille Escudié s’installe par la suite à Payrac. Sa généalogie est étudiée jusqu’à nos jours et nous pouvons renseigner, à ce sujet, toutes personnes le souhaitant…

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Les moulins d'ALVIGNAC

En 2001, l’association Racines a organisé une exposition et des conférences sur les moulins et les meuniers.
À cette occasion, nous avons été amenés à publier notre travail sur les moulins d’Alvignac dont nous présentons ici de larges extraits.
Deux ruisseaux traversent la commune, le ruisseau de la Combe Molière et celui de Salgues.
Le ruisseau de la Combe Molière  constitue la limite entre les communes de Miers et d’Alvignac. Il est approvisionné par plusieurs petits ruisseaux et s’écoule jusqu’au gouffre de Roque de Cor, où il se perd.


     


Les villages de Latouille et La Baule sont situés à Miers tandis que les moulins de Latouille et La Baule sont sur la rive alvignacoise.
Le ruisseau traverse la station thermale et son lac, il n’est pas très important ni très long et cependant il faisait tourner cinq moulins,  Latouille, La Baule, Le Barou, Pounissou, à Alvignac et Cazelle à Miers.
Quant au ruisseau de Salgues, alimenté par les fontaines de Samarre et du Théron, il chemine jusqu’au gouffre de Réveillon où il disparaît, et faisait tourner le seul moulin de Salgues.

Moulin de LATOUILLE

 


Le premier acte trouvé concernant les meuniers de Latouille se rapporte au baptême de Joseph Lamothe le 6 octobre 1671. Il est fils de Jean Lamothe meunier au moulin de Latouille et d’Anne Rougiés ou Rouziés. Le parrain est « noble Joseph de Giniés sieur de Lagorce », la marraine « Marie de Bretaigne femme à noble Jean Jacques de Plas ».
Le moulin appartenait aux de Giniés (seigneurs, entres autres, de Cantecor) puisque, bien plus tard, en 1830, les châtelains de Cantecor sont encore propriétaires du domaine de Latouille et de la Source thermale.
Ce sont les héritiers de Jean Lamothe qui restent en possession du moulin (même s’ils n’en sont pas toujours propriétaires) et ce, par les gendres qui deviennent meuniers, puis par les petits-fils.
En 1827, d’après la matrice cadastrale, Pierre Frejafond est propriétaire et meunier à Latouille ainsi qu ‘Antoine Darnis (son cousin germain), mais c’est François Pasquié, qui, seul, signale la démolition du moulin en 1879, puis, de deux maisons en 1889.
A noter que les Pasquié étaient forgerons, il n’y a que François qui devient meunier à la suite de son grand-père Antoine Darnis.
Par contre, Guillaume Fréjafond sera meunier après son mariage avec Toinette Céré (il a 24 ans, elle en a 36), leur fils aussi devient meunier à Latouille.
Aujourd’hui, du moulin, il ne reste plus que des ruines.
(Archives départementales du Lot 3E 1386/30) « Par devant Me Antoine Augustin Alayrac, notaire à la résidence de Gramat et en présence des témoins bas nommés soussignés est comparu François Pasquié, garçon meunier au moulin de Latouille, commune d’Alvignac, lequel, déclare agissant en part des pouvoirs qui lui ont été donnés par Marie Dunoyer, son épouse, dans leur contrat de mariage retenu par le notaire soussigné le six septembre 1850 d déclare avoir tout présentement au ci-devant reçu en bonnes espèces de cours de Bernard Batut, cultivateur, demeurant au lieu de Rignac, commune de Gramat, à ce présent et acceptant savoir la somme capitale de six cents francs en paiement de pareillement montant du prix de la vente par lui consentie avec le consentement de sa dite épouse audit Batut, suivant acte retenu par le notaire soussigné le 10 août 1855, de laquelle somme le remploi sera fait incessamment par ledit Pasquié.
Au moyen de quoi ledit Pasquié promet qu’il ne sera plus fait à l’avenir d’autre demande audit Batut à raison de l’entier prix de la vente sus énoncée lui en donnant par le présent quittance finale dont acte fait et passé à Gramat en l’étude ce 5 juin 1857 et lu aux parties en présence du sieur Pierre Darnis, facteur de ville et Pierre Roussely, boulanger, demeurant audit Gramat, témoins qui ont signés avec ledit Pasquié et le notaire, non ledit Batut pour ne savoir, de ce requis ».

(Archives départementales du Lot 3E 1388). « L’an mille sept cent quatre vingt un et le seizième jour du mois d’août au village de Latouille à Alvignac, par devant moi, notaire royal et témoins bas nommés fut présente Marguerite Céré, fille de feu Pierre Céré, travailleur, actuellement habitante du présent lieu, laquelle pour n’être prévenue de mort avant d’avoir disposé des biens qu’il a plu à la divine bonté lui départir en ce monde, toutefois en ses bons sens, mémoire, jugement et connaissance, a fait son testament et dispositions dernières ainsi qu’il faut, veut être inhumée dans le tombeau du Saint cimetière et que ses obsèques et honneurs funèbres soient faits à la discrétion de ses héritiers bas nommés, lègue par droit d’institution et légat à l’église où elle décèdera la somme de dix livres pour être employée en messes et à chaque prétendant de son hérédité la somme de cinq sols et, avec ce, la testatrice a fait et institué les susdits légataires ses héritiers particuliers afin qu’entre autre chose ils ne puissent prétendre en ses biens et du résidu de tous et chacun ses autres biens immeubles, nom, voix droits, raisons et actions quelconques en quoi autrement consistent en effets mobiliers, la testatrice a fait et institué pour ses héritiers universels et généraux, savoir est, Guillaume Frégefon et Toinette Céré mariés, ses sœur et beaux-frère, pour de son hérédité faire jouir et disposer à leurs plaisir et volonté en payant les dettes, charges et légats et révoque tous les autres testaments qu’elle pourrait ci-devant avoir fait, veut que le présent porte son plein et entier effet et qu’il vaille en la meilleure forme que testament puisse valoir et subsister de droit et prie les témoins bas nommés de porter témoignage de la présente disposition quand ils en seront requis et moi notaire royal, lui en retenir acte, concédé, fait et passé et lu et récité à la testatrice en présence du sieur Antoine Lamothe, bourgeois, habitant du Mas Davet à Miers, de Martin Pasquié, maréchal, d’Alvignac, témoins signés, de Louis Malby, travailleur, du Mas Davet, de Jean Bargues et Jean Darnis travailleurs, du Mercadiol à Alvignac, de Pierre Soubrié, travailleur, du Mas de Benne à Alvignac qui n’ont signé pour ne savoir, de ce requis » .

Moulin de LA BAULE 




La famille Vernet est d’abord représentée par des laboureurs dits « habitants le moulin » en 1790. Ce n’est qu’en 1827 que l’on trouve le terme « meunière » pour le décès de Jeanne Rieux veuve Vernet. Antoine leur fils est meunier, pour Pierre et Martin rien n’est sûr, par contre leur petit-fils Pierre Andral reste meunier à la Baule au  moins de 1849 à 1883.
D’après le relevé cadastral, Eugène Brouqui, pour lequel on ne trouve aucune relation familiale avec les Vernet, tient le moulin de 1887 et 1890. Il est meunier encore en 1893, mais en 1901 Célestin Treffel est porté meunier alors que le moulin doit toujours appartenir à Eugène Brouqui puisque celui-ci le désaffecte et transforme en bâtiment rural en 1910.
A signaler le décès en 1699 de Pierre Rieux meunier, il n’y a sur cet acte aucune autre indication.
A signaler aussi, le mariage en 1762 entre Etienne Rieux, 60 ans (avoué, il est né en février 1700) et Peyronne Batut, 25 ans, née en avril 1737. Ils ont eu une fille Jeanne qui se mariera avec Jean Vernet.
Les Lacaze, bourgeois, sont souvent cités en même temps que les meuniers, ils habitaient à la Baule et étaient peut-être propriétaires du moulin, ils sont alliés aux Lalé, propriétaires en 1827 du moulin de Pounissou.

(Archives départementales du Lot 3 E 1388) « Aujourd’hui huitième jour du mois de novembre de l’an mille sept cent soixante huit, furent présents, Jean Pierre Lacaze, bourgeois, habitant du village de la Baule, paroisse d’Alvignac, fils légitime de feu Bernard, aussi bourgeois et de demoiselle Marguerite Vaissou, procédant du consentement de ladite mère aussi ici présente et de l’avis de plusieurs de ses autres parents, d’une part, et demoiselle Marie Lalé, habitante de Miers, fille légitime du sieur Pierre Lalé, bourgeois et de feue demoiselle Magdeleine Delfau, procédant aussi du consentement dudit sieur Lalé, son père aussi ici présent et de l’avis de plusieurs de ses autres parents, d’autre part ; lesquels sieur Lalcaze et demoiselle Lalé ont promis de se prendre en légitime mariage pour être célébré aujourd’hui en face de l’église, les autres formalités ayant été ci-devant célébrées, il a été convenu que les fêtes civiles dudit mariage qui ont été réglés par le présent contrat, ainsi qu’il s’ensuit, en premier lieu, en faveur dudit mariage, ladite demoiselle Vaissou fait par la présente donation …… pure, simple et irrévocable au sieur son fils de la moitié de tous ses biens meubles et immeubles, présents et à venir, sous la retenue quelle fait des fruits sa vie durant en ayant à supporter les charges dudit futur mariage, en second lieu, en ladite faveur, ledit sieur Lalé père constitue en dot à ladite fille, future épouse, la somme de quatre mille cent cinquante livres, savoir, celle de mille cent quarante trois livres pour la quote-part dans les successions mobilières, tant de ladite feue demoiselle Delfau que de celle de Marianne Lalé données à ladite future, décédées ab intestat, et trois mille sept cents livres du chef dudit sieur Lalé père, venant le tout, à ladite entière somme de quatre mille cent cinquante livres en déduction de laquelle ledit Lacaze déclare avoir reçu, tant avant que sur ces présents, celle de mille livres et en même réduction ledit sieur Lalé fait cession et caution par lesdites présentes, audit sieur Lacaze… acceptant de la somme de mille livres en constitution de rente due audit sieur Lalé par messire Jean Baptiste de Lafon suivant le contrat du 16 mars 1750, passé devant Condamine, notaire à Souillac, consentant au susdit Lalé que ledit sieur Lacaze jouisse du……. de la rente de cinquante livres partie  par ledit acte et qu'il… ledit principal de mille livres lors que le cas entrera ainsi et … que ledit sieur Lalé saurait que faire auquel fit et… a remis un extrait dudit contrat et à l’égard de la somme de deux mille cent cinquante livres restantes ledit sieur Lalé promet et s’oblige de la payer audit sieur Lacaze dans quatre ans à compter de ce jour, et faire intérêt pendant ledit délai et … dès la réception de la somme, ledit sieur Lacaze sera tenu de la reconnaître pour en faveur de la future ainsi qu’il lui reconnaît la somme de deux mille livres …En troisième lieu, il a été convenu si ledit futur époux vint a prédécédé la future épouse, qu’en tous cas il lui donne la jouissance d’une chambre garnie, le tout en état et condition, son chauffage et la somme de soixante livres par forme de pension annuelle et viagère en vivant viduellement et non autrement, le tout convenu entre parties qui promettent……. .. …. de droit en présence du sieur Joseph Broquy, bourgeois, habitant dudit Miers et du sieur  Pierre Branche, aussi bourgeois, habitant dudit Alvignac, témoins qui ont signé et non la future épouse, ledit sieur Lalé père et autres parents, et non ladite Vaissou, mère du futur, pour ne savoir, de ce requis et nous notaire Solinhac. »          

Moulin du Barrou

 

 

En 1827, on trouve deux propriétaires, Jean Céré et Jacques Bergougnoux, ils sont beaux-frères et leur propriété comprend deux maisons et un moulin. En 1943, le tout fait un ensemble.
Nous pensons que les Céré étaient originaires de Miers, peut-être déjà meuniers…Pierre, puis Jean son fils, puis Géraud son petit-fils, se succèdent au moulin « del Barou » de 1696 à 1814.                    
Géraud Céré a un fils, Jean Pierre (co-propriétaire en 1827) et une fille Perette, celle-ci se marie avec Jacques Bergougnoux (l’autre co-propriétaire) ; il vient du moulin de Lauzou, à Gramat et sera, en plus, meunier à Rossignol (moulin de Rocamadour).
 Perette Céré et Jacques Bergougnoux n’ont pas d’enfant, elle meurt le 10 février 1843 après 20 ans de mariage. Son veuf se remarie aussitôt puisqu’il a une fille avec sa nouvelle épouse le 5 mai 1844. De cette union naît Pierre Bergougnoux, celui-ci se marie avec Céline Counor, il est meunier mais meurt à 32 ans le 10 février 1880. Sa veuve se remarie le 3 mars 1881 avec François Lamothe déjà « meunier au Barou ». Leur fils Henri, sera, aussi, meunier de ce moulin. De son premier mariage avec Pierre Bergougnoux, Céline Counor avait eu un fils, Antonin, il est lui aussi meunier.
Il ressort de cette étude que le Barrou dans lequel on trouve les Céré pendant plus de 200 ans, est repris, la première fois par le gendre et la deuxième fois par la bru qui le passent à leur nouveau conjoint, puis à leurs enfants qui n’ont aucun lien de parenté avec les Céré.
Mais, malgré toutes ces histoires de successions et de remariages, le moulin continuait à tourner, il y avait toujours un ou plusieurs meuniers pour moudre, pour faire la farine, pour ouvrir ou fermer les vannes et ainsi activer les meules, activité dont le XXème siècle verra la fin.

(Archives départementales du Lot 3 E 1113/8). « Le 9 prairial an VI de la République (28 mai 1798) Jean Céré, meunier, habitant  au moulin de Cazelle, à Miers, lequel de gré et volonté déclare avoir tout présentement reçu en bonnes espèces de cours de Géraud Céré, son frère, aussi meunier, habitant en son moulin du Barrou à Alvignac, ici présent et acceptant, savoir, en la somme de trois cents francs tout présentement comptée par ledit Géraud Céré, vérifiée et retirée ladite somme de trois cents francs par ledit Jean Céré dont quittance et ladite somme de trois cents francs pour tout supplément de légitime qui pouvait être due audit Jean sur les biens de feu Jean leur père, comme ou sur ceux de Marie Viors qui ont disposé de leurs biens valablement devant Linars et Solinhac, notaires, sous leur date dûment informées ainsi que les parties l’ont déclaré juste et équitable encore ladite somme de trois cents francs sur la portion de succession de feux Jeanne et Jean Pierre Céré, leurs frère et sœur, premièrement sur l’un subsidiairement sur les autres et au moyen du susdit payement, ledit Jean Céré de Cazelle se reconnaît payé des chefs sus exprimés par ledit Géraud, du Barrou, son frère et le subroge en son lieu, droit et place et cela en capital, intérêt ou substitution des fruits du tout, acte requis et concédé, fait et passé en présence des citoyens Antoine Brel et Louis Benne, cultivateurs, habitants cette commune, signés avec nous, non les parties qui de ce interpellées ont dit ne pas savoir. »                                    
(Archives départementale du Lot 3 E 1386/34). « Le 30 septembre 1861, par devant Me Antoine Augustin Alayrac, notaire à la résidence de Gramat et en présence des témoins bas nommés soussignés sont comparus Antoine Bergougnoux, cultivateur, fils majeur et légitime de Pierre Bergougnoux et Marguerite Carbès mariés, propriétaires cultivateurs, demeurant avec ses dits père et mère aux Alix, commune de Rocamadour d’une part, et Marie Céré, sans profession, fille majeure et légitime de feu Jean Pierre Céré et Perette Richard, demeurant avec sa dite mère au lieu du Barrou, commune d’Alvignac, d’autre part ; lesquels dans la vue du mariage convenu entre les parties entre eux et dont la célébration aura lieu incessamment devant l’officier d’état civil, en ont réglé les conditions civiles ainsi qu’il suit, en présence et avec le consentement de la mère de la future épouse.
Art. 1 – Les futurs époux ont déclaré se marier sous le régime de la communauté légale tel qu’il est établi par le code napoléonien sauf les modifications ci-après stipulées.
Art. 2 – Chacun des futurs époux payera séparément les dettes dont il se trouvera débiteur au jour de la célébration du mariage et celles dont il sera chargé pendant le mariage, par suite de succession,  donation ou legs.
Art. 3 – Les biens du futur époux consistent, ainsi qu’il l’a déclaré et qu’il en a donné connaissance à la future épouse, en une valeur mobilière de quatre mille neuf cents francs, provenant en partie du produit de son travail et industrie, partie du prix de la vente qu’il a consenti à Jean Bergougnoux, son frère, 2ème du nom, cultivateur, demeurant audit village des Alix, suivant acte retenu aujourd’hui par le notaire soussigné qui sera enregistré en même temps que le présent.
Art. 4 – Les biens de la future épouse consistent, ainsi que le futur époux le reconnaît, 1° en les droits qu’elle a à prétendre sur la succession encore indivise de son dit père,  2° et à l’émolument de la donation éventuelle qui lui sera ci-après faite par sa dite mère.
Art. 5 – Les biens ci-dessus indiqués appartenir actuellement aux futurs époux, ensemble ceux qui leur écherront à chacun pendant le mariage tant en meubles qu’en immeubles par suite de succession, donation ou legs demeurent inclus dans la communauté qui à ce moyen se trouve réduite aux acquêts.
Art. 6 – En considération du mariage projeté, ladite Perette Richard fait donation à titre de préciput et hors part, en faveur de sa dite fille, future épouse acceptante, du ¼ de tous ses biens meubles et immeubles qui composeront, à son décès, la masse générale de sa succession.Avant de clore et conformément à la loi, le notaire soussigné a donné lecture aux parties des articles 1391 et 1394 du code napoléonien et leur a déclaré le certificat prescrit par ce dernier article pour être remis à l’officier de l’état civil avant la célébration du mariage.
Dont acte, fait et passé à Gramat, en l’étude, ce trente septembre mil huit cent soixante un et lu aux parties en présence du sieur Pierre Darnis, facteur de ville, et Pierre Roussely, boulanger, demeurant audit Gramat, témoins qui ont signé avec les parties et le notaire, non ladite Perette Richard pour ne savoir, de ce requise. »

Moulin des Vitarelles ou Pounissou   

 

 

Ces moulins appelés « des Vitarelles » et « de Pounissou » semblent finalement n’en être qu’un. D’après M. Bazalgues, le mot Vitarelles veut dire « maison située sur un lieu de passage » et le mot Pounissou veut dire peut-être « puits ». On peut penser que ce moulin se trouvait sur le chemin allant vers Cantecor puis Rocamadour, ce qui expliquerait le 1er nom, mais pourquoi Pounissou par la suite ?…
Jacques Tournié est meunier au moulin des Vitarelles à partie de 1671 et ce, jusqu’au moins 1689. A partir de cette date plus aucun acte nesignale sa famille, il a du quitter Alvignac. Les Tournié étaient alliés aux Rieux que l’on trouvent à la Baule.
En 1727 Antoine Ferrié, époux de Jeanne Andral est meunier à Pounissou  à la naissance de son fils Antoine ; en 1739, décès de Jeanne Beffara , 40 ans, au moulin de Pounissou, en 1740, mariage de Jean Marty et Toinette Andral habitants au moulin de Pounissou et en 1754, mariage de Louis Lamouroux , fils de Jean du moulin des Vitarelles, avec Marie Pradelle du moulin de Salgues. Ce même Louis Lamouroux, en 1756, est porté meunier au moulin de Pounissou, ensuite tous les actes ne signalent que Pounissou.
Au XIXéme siècle les meuniers se succèdent :
1806 – Jean Chalvet et Jeanne Mazet
1813 – Etienne Peyrissou
1837/42 – Louis Bouzou et Marie Malvy
1854 – Guillaume Rougié et Marie Peyssen
1860 – Jean Lavergne (garçon meunier au Barou en 1857) et Marie Bergougnoux.
1863 – Gervais Louradour et Marie Gassou
1867 – Jacques Crozac et Marie Lamothe
1870 – Jean Pierre Lamothe et Adeline Audubert  (habitants Magnagues).
On ne devait pas tirer beaucoup de rapport de ce moulin, car il est à signaler les changements très fréquents de meuniers sans lien familial entre eux.
Les Lalé de Miers semblent en être propriétaires depuis longtemps et encore en 1827. En 1882 c’est Treil qui le possède et en 1900 il est porté en ruines.

(Archives départementales du Lot 3E 1113/8) « Par devant nous, témoins soussignés, dans la commune de Miers, département du Lot, le 25 floréal an V de la république ou 14 mai 1797 a été présent le citoyen Antoine Lalé, prêtre, habitant de la commune de Carennac, lequel de son bon gré et libre volonté, baille et délaisse à titre de bail affermé aux citoyen Jean et Jean Pierre Beffara, père et fils, domiciliés au moulin de Pounissou, commune d’Alvignac, et tous les deux présents et acceptants, savoir, en le moulin et biens de Pounissou, sur les lieux de Miers et d’Alvignac et tels, que lesdits Beffara en ont et ce, pour les temps et espace de quatre années qui prendront leur commencement à la St Jean prochaine et finiront à pareil jour ; lesquels objets, les preneurs ont dit bien connaître et n’être besoin de limiter et ferme demeure fait pour le prix et somme de trois cents livres payables en deux parts, à la Noël et St Jean de chaque année, dont la première part commencera à la Noël prochaine, quatre éminées froment et deux éminées misture blanche et deux éminées seigle et deux éminées gros millet, deux paires poulets et deux « poulars » payables en même terme que dessus ; les preneurs seront tenus des réparations locatives et les grosses seront à la charge des bailleurs, de même que les impositions foncières seront tenus les preneurs d’entretenir les murs existants, haies vives et rigoles des prés, de régir, cultiver et engraisser aux saisons dites et accoutumées, aussi de remettre à la fin du présent bail pour deux cents livres de « cabaux » et dans le cas que les « cabaux » qui sont au moulin fussent estimés à la St Jean plus de deux cents livres ou moins, lesdits preneurs payeront le surplus ou le bailleur ce qui manque de la somme de deux cents livres, remettront encore à la fin du présent les mêmes fèves qu’ils prendront à la St Jean, desquels, il sera fait un état qui fera partie du présent, de valeur, les susdits grains de la somme de quatre vingt livres et du tout, acte requis et concédé sous les obligations de droit, fait et passé en présence des citoyens Louis Benne et Pierre Izorche, cultivateurs, domiciliés dans cette commune, signés avec nous ledit Lalé, non lesdits Beffara, père et fils, de ce que sont requis, ont dit ne savoir. »

Moulin de Salgues           

 

 

Le moulin de Salgues a, de tout temps, appartenu aux seigneurs, puis aux propriétaires du château du même nom.
La famille Pradelle fut longtemps présente dans ce moulin, Géraud Pradelle originaire de Montvalent est « venu gendre » chez Jean Pélissié qui lui-même avait épousé la fille du meunier Calmon.
Il y eut cependant une interruption dans la succession Pélissié : en 1676 on trouve Jean Malbec, meunier. Jean Pélissié est décédé, et,  le 3 novembre 1676 sa veuve et sa fille Marie, qui se marie ce jour-là, habitent Alvignac. En 1684, Jean Malbec est toujours meunier, lors de la noyade mortelle de son fils de 19 ans « dans le ruisseau au-dessous du moulin de Salgues ». C’est aussi cette année-là qu’Anne Pélissié se marie avec  Pierre Pradelle premier meunier de ce nom.
De 1684 à 1822 les Pradelle sont meuniers à Salgues, mais aussi briquetiers à la briqueterie toute proche, qui a toujours appartenu, elle aussi, au château.
En 1775, Jacques Pradelle prend en plus, à charge pour 3 ans, le moulin de Sirogne sur l’Alzou à Rocamadou Ce moulin de Salgues ne devait pas subvenir aux besoins des meuniers aussi, bien que briquetiers en même temps ils se succèdent très nombreux, ils sont même dits agriculteursComme de nombreux moulins, le début du XXème siècle et la guerre de 14/18 vit sa fin d’activité, sur la matrice cadastrale on le trouve en 1938 transformé en bâtiment rural.
Cependant, il ne fut pas démoli et, il émane de cette bâtisse le charme d’un moulin abandonné mais non ruiné et surtout non dénaturé, seul au bord de son ruisseau qui lui a si longtemps donné la vie.


 

(Archives départementales du Lot 3 E 1389) « Le sept août mille sept cent quatre vingt un au lieu de Salgues, au moulin du seigneur du lieu, en Quercy, par devant nous, notaire royal soussigné et les témoins bas nommés fut présente Jeanne Barbier, épouse de Jacques Pradelle, travailleur, habitant du présent lieu, laquelle, étant atteinte de maladie et infirmité corporelle, toutefois en son bon sens, mémoire et jugement et connaissance, pour n’être prévenue de mort avant d’avoir disposé des biens qu’il a plu à la Divine Bonté lui départir, en la mort a fait son testament et dispositions de dernières volontés ainsi qu’il suit, veut et entend être inhumée dans le Saint cimetière de l’ Eglise de Salgues, que ses obsèques et honneurs funèbres soient faits à la dévotion de son héritier bas nommé, donne et lègue par droit d’institution et légat à Pierre, Anne, Antoine et Marie Pradelle ses enfants et filles, à chacun d’eux, la somme de quinze livres pour leur tenir lieu de légitime et avec ce, la testatrice a fait et institué les susdits légataires et héritiers particuliers afin ….. qu’ils ne puissent prétendre  sur les biens et au résidu de tous et chacun des autres biens meubles et immeubles, pour voix, droit, raison,, et actions quelconques, présent et à venir, la testatrice a fait et institué pour son héritier universel et général, savoir, celui de ses enfants que ledit Pradelle, son mari, nommera pour son héritier et au cas ou ledit Pradelle, son mari, viendrait à décéder sans en instituer un, elle veut et intime que son hérédité soit au profit dudit Pierre Pradelle, son fils aîné, pour de son hérédité faire jouir et disposer à ses plaisirs et volonté, casse, révoque et annule tout autre testament qu’elle pourrait avoir ci-devant fait, veut que du présent sorte son plein et actuel effet et prie les témoins bas nommés de porter témoignage de la présente disposition quand ils en seront requis et moi notaire royal lui en retenir acte, concédé, fait et passé, lu et récité à la testatrice en présence d’Antoine Maury, laboureur, habitant le repaire de Réveillon, paroisse de Salgues, Jacques Brel, aussi laboureur, habitant Ralliette paroisse de Salgues, témoins signés, non la testatrice pour ne savoir, de ce requis ». 

(Archives départementales du Lot 3 E 1113/8) « Le 21 frimaire an V (11 décembre 1796 ) Pierre Pradelle, cultivateur, domicilié au moulin de Salgues, en la communauté de Salgues, d’une part, Géraud Chalié, cultivateur, domicilié dans la commune d’Alvignac, Antoine Malaret, aussi cultivateur, domicilié dans la commune d’Alvignac, d’autre part ; lesquelles parties ont dit que par verbal du juge de paix de Gramat en date du 10 frimaire an 3 ( 30 novembre 1794 ), ledit Pradelle baille à titre de bail à ferme pour 9 ans, une grange, clos et vigne moyennant cent vingt sept livres audit Géraud Chalié, que par le même verbal, il afferme pour le même temps à Bel Air moyennant quarante sept livres audit Malaret, leur parent, lesdites parties voulant résilier ledit bail de leur bon gré et libre volonté, elles ont convenu par le ferme fait par ledit verbal demeure concédé et les parties au même état quelles étaient avant ledit verbal de ferme fait en Alvignac. Ledit Pradelle a tout présentement reçu d’Antoine Malaret la somme de douze livres dix sous pour la part de ferme dudit verbal qui échoira à la fin du mois courant ; ledit Pradelle a encore reçu dudit Géraud Chalié la somme de trente six livres pour la part du verbal qui échoira à la fin du mois courant, le tout en numéraire métallique pris et retiré par ledit Pradelle, dont quittance du tout acte requis et concédé en présence de François Brel, cultivateur, de Louis Benne, cultivateur, domiciliés en cette commune, signé avec ledit Malaret, non les autres parties, pour ne savoir, de ce requis… » 

Sur le territoire d’Alvignac, en plus des moulins à eau, existaient trois moulins à vent, deux au Coustalou et un à Crozille.

Moulin de M. de Cere puis moulin de Crozille

Ce moulin n’apparaît pas du tout sur le cadastre « napoléonien », il a dû  être abandonné avant la révolution, le dernier acte le signalant date de 1783.
On le trouve, par contre, très tôt dans les registres paroissiaux de Salgues.  Les meuniers s’y succèdent et aucun ne se fixe. Ils venaient de l’extérieur. On peut supposer que vu le peu rapport, une fois le bail fini, ils ne le renouvelaient pas.
Jusqu’en 1669 il est appelé « moulin de M. de Céré » et à partir de 1715 « moulin de Crozille » .
Par la suite on trouve comme parrains et marraines des enfants de meuniers les de Geniés, Fouillade et Solinhac. Ceux-ci, par héritage, en étaient propriétaires. En effet, Me Pierre de Céré, juge d’Alvignac décède en 1654. Sa fille Gabrielle épouse M. de Saint Maurice de Geniés (Cantecor) et sa fille Jacquette, épouse Me Solinhac, notaire royal. Jeanne Solinhac, leur petite fille épouse en 1744  Jean Pierre Fouillade, juge.
La famille de meuniers du nom de « Céré » (dont on ne sait si ils étaient alliés au « de Céré », bourgeois) eut un des siens meunier à Crozille, au moins entre 1776 et 1780. Il était né au moulin du Barou de parents meuniers et il décède meunier à Pounissou en 1802.
On remarque à travers lui, et aussi pour d’autres cas, que la force motrice du moulin n’entraînait pas une spécialisation des meuniers puisqu’ils passent d’un moulin activé par le vent à un moulin activé par l’eau et vice-versa.
Nous ne savons pas où se trouvait ce moulin à vent. En attendant, nous pouvons imaginer, le bâtiment, lui aussi circulaire et utilitaire qu’est le château d’eau, avec des ailes et avoir ainsi une idée du paysage il y a 200, 300, 400 et même 500 ans !      

Moulin à vent de M. de CERE

1639 – Jehan Coldefy et Peyronne Lagrèze,de Padirac, demeurant au moulin de M. de Céré.
1642 – Jehan Coldefie et Jeanne Cayrols.
1652/1664 – Antoine Dega et Marie Cadiergues, de Gourdon, demeurant au moulin de M. de Céré.
1669 – Guillaume Barrès et Françoise Vayche, de Séniergues, habitant au moulin à vent de M. de Céré.

Moulin de CROZILLE

1715 – Jean Pagès et Jacquette Lacassagne.
1760 – Jean Périé et Françoise Lagarde.
1764 – François Degerot et Madeleine Roquevier.
1776/1780 – Jean Céré et Marguerite Beffara.
1783 – Décès de Jeanne Capelle (30 mois).

Puis, plus aucune mention ni du moulin ni d'un meunier.

Moulin à vent d'Alvignac

La famille Ferrié est restée au moulin au moins de 1754 à 1784. Le moulin appartenait à M. de Gironde seigneur d’Alvignac. La révolution a mis fin à cette possession qui durait depuis les tous premiers actes que nous avons trouvés. Avant 1827 et jusqu’ à 1830, il appartient à Jacques Lestang. De 1830 à 1842 il était la propriété de Bernard Andral, meunier à Tournefeuille (Rocamadour).  De 1842 à 1849, c’est Jean Lasfargues qui en est meunier.
A noter les décès, le 25 décembre 1809, d’Antoine Ferrié et Peyronne  Barbié, mariés depuis 55 ans.
Lors de l’interview que Mme Dauriac a bien voulu nous accorder, elle nous parle, entre autres, de la vie au Coustalou où elle née en 1903.
« Il y avait 5 maisons : M. Thamié, Nous, M. Riols, M. Monge et M. Lasfargues, il y avait aussi le moulin avec une maison d’habitation. Quand il y avait du vent, le moulin tournait seul, sinon on attelait l’âne qui alors le faisait marcher. Je me souviens de l’emplacement du moulin, il était sur la pointe, et la grange était plus bas, la maison du meunier était à l’endroit où il y a les sapins. Il y avait 2 moulins à 2 ou 300 mètres l’un de l’autre, un sur le plat et l’autre au bord du Coustalou. Il y avait beaucoup de moulins dans la région, mais le meunier avait en même temps un peu de terre. Il ne pouvait moudre que s’il y avait du vent. Les gens faisaient leur blé, en gardaient pour leur semence et faisaient moudre le reste pour leur alimentation »

(Archives départementales du Lot : 3 E 1389) « L’an mille sept cent quatre vingt deux et le vingt huitième jour d’avril, à Alvignac, par devant moi notaire royal et témoins soussignés, fut présent Jean Larigaldie, travailleur du Mercadiol, a fait vente pure et simple et perpétuelle à Antoine Ferrié, meunier au moulin à vent de la présente paroisse ici présent et acceptant, savoir une pièce de terre que ledit Larigaldie a situé au tènement de la barthe du sieur Marion au Causse-nud de cette paroisse, de la contenance de deux éminées, au moins, y compris le « raysse » qui est dans la pièce de terre qui fait partie de la vente et le tout dans leur entier qui confronte au levant, avec ladite barthe dudit sieur Marion, du midi, terre du sieur Lamothe de Pouch, du couchant, terre de François Vernet et du nord, avec pré de  Guillaume Darnis, avec tous les droits d’entrée et ses servitudes, circonstances et dépendances de la mouvance du seigneur du présent lieu, aux charges réelles que la dite pièce de terre pourra supporter quitte de tous arrérages, dettes et hypothèques jusqu’à ce jour ; laquelle vente demeure aussi faite par ledit Larigaldie audit Ferrié pour le prix et somme de cent quatre vingt dix livres, laquelle somme ledit Ferrié promet payer audit Larigaldie dans les quinze mois prochains sans intérêt jusqu’ alors, après lequel temps, à défaut de payement, l’intérêt commencera à courir ; de laquelle pièce de terre et « raysse » ledit Ferrié pourra prendre la vraie actuelle et corporelle propriété et possession dès aujourd’hui, quand bon lui semblera, sous la restriction du droit de colonage de la présente année qui demeure réservé audit Larigaldie avec promesse par le vendeur de porter audit acquéreur toutes évictions et garanties, défendre et soutenir ladite vente de tous troubles empêchements ; s’est dévêtu de ladite pièce de terre et « raysse » et  investit ledit Ferrié ; à quoi  faire, et pour l’exécution des présentes, les parties à leur égard ont obligé leurs biens présents et à venir ; fait et passé en présence de Guillaume Darnis, laboureur, habitant du présent lieu et de Philippe Solinhac, praticien, aussi du présent lieu, témoins signés avec ledit Larigaldie, non ledit Ferrié pour ne savoir, de ce requis. »
      
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Le suffrage censitaire dans le canton de Gramat


 

La vie de château